La grande Duchesse de Gerolstein

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Opéra bouffe en trois actes Musique de Jacques Offenbach Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy Création : Paris, 12 avril 1867 2h30 entracte compris - chanté en français - textes parlés en français AU ROYAUME DE GEROLSTEIN « D’une fantaisie incroyable et d’une étincelante gaieté, c’est la charge la plus bouffonne qui puisse se rêver de la gloriole militaire, de ses plumets, de ses galons et de toutes ses fanfreluches » (Francisque Sarcey, 1867). Dans ce royaume d’opérette, il est vrai qu’on aime les militaires surtout quand ils sont capables de dresser fièrement le sabre de papa… Ici la guerre est raillée, les allusions contre le pouvoir absolu et l’esprit militaire féroces : la vantardise idiote des généraux, les gémissements et caprices des puissants parsèment une brillante partition à la valeur universelle et intemporelle. A l’occasion de l’Exposition universelle, le trio Meilhac, Halévy et Offenbach allait – contre toute censure – frapper très fort, jetant les royautés aux pieds d’une Hortense Schneider, plus vraie que nature, grande triomphatrice comme lors de la création de La Périchole. Pourtant, pointait déjà un certain désenchantement derrière les bulles de champagne d’un Empire bien fragile qui n’allait pas tarder à se fracasser contre la sombre réalité du monde, et Offenbach semble ici ne pas ignorer ce fatal destin. Trois guerres plus tard, son œuvre garde toute sa modernité.