L'Italienne à Alger Saison 2019-20 Création

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Dramma giocoso en 2 actes Livret de Angelo Anelli Musique de Gioacchino Rossini Création : Venise, 1813 Durée - 2h40 entracte compris - Chanté en italien, surtitré en français Première de cette nouvelle production le 16 janvier 2020 à l'Opéra de Clermont-Ferrand Un opéra féministe ! A n’en point douter, L’Italienne à Alger est certainement la comédie la plus folle de Rossini, largement plus folle en tout cas que son Barbier de Séville pourtant passablement déjanté… Comment dès lors représenter la folie en scène, qui plus est inspirée par le plus ardent féminisme ? Car cet opéra inverse les codes de l’opéra buffa traditionnel en faisant libérer un homme - relativement passif - par une femme au caractère bien trempé. Qu'elle soit belle à mourir ou pas, peu nous importe : c’est bien de volonté qu’il s’agit ici et Isabella n’en manque pas ! Dès son arrivée, implacable, elle fait avancer l’opéra à son rythme, provoquant en particulier l’incroyable finale du 1er acte que l’histoire de la musique lyrique n’avait jamais connu et ne connaîtra jamais plus. Après Rossini, quel compositeur oserait une telle déstructuration du langage, un jeu si jouissif des onomatopées, un emballement musical et théâtral à la limite du burn out ? Il va donc falloir habiller et scénographier la folie qui s’empare de nos héros, aller aussi loin que possible dans l’outrance, les couleurs, les formes et le jeu. Le cinéma muet puis parlant nous inspirera, c’est certain. Et si cette Italienne à Alger était le titre d’un film tourné en direct devant vous ? Replongeons avec délice dans les années 50, âge d’or du cinéma hollywoodien, monde de l’image et des faux semblants. Revivons les grandes heures des studios avec leur lot de jalousie et d’amours factices. Enfin, laissons les caméras imprimer sur pellicule cette histoire loufoque, féministe avant l’heure. Que nos têtes - à l’unisson de nos cœurs - fassent ding, ding, tac, tac et boum boum ! Pierre Thirion-Vallet, Metteur en scène